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Histoire des systèmes de caisse de 1800 à aujourd’hui

Par Emmanuel Charpentier|2018-02-27T11:29:54+00:0014 juillet 2017|Mots-clés : , |

La première machine : « la caisse incorruptible de Ritty »

On attribue l’invention de la caisse enregistreuse à James Ritty (1836-1918), tenancier de bar à Dayton dans l’Ohio. Certains de ses employés avaient pris la fâcheuse habitude de garder pour eux les sommes d’argent réglées par les clients.

En 1878, lors d’un voyage en Europe sur un bateau à vapeur, il fut intrigué par un mécanisme capable de compter exactement le nombre de tours de l’hélice du bateau. Un dispositif semblable serait bien utile pour garder la trace des règlements des clients.

De retour à Dayton, il se mit à l’ouvrage, assisté de son frère. Il déposa un brevet l’année suivante, ouvrit une usine et connut un tel succès que, dépassé par son ampleur, il vendit son entreprise à des investisseurs qui la nommèrent National Cash Register Company, société toujours en activité de nos jours. (Source : article du National Museum of American History )

Une lente évolution jusqu’à la révolution informatique

Les premières machines permettaient simplement de faire des additions et de calculer la monnaie à rendre, ensuite un tiroir fut ajouté, lequel s’ouvrait avec un bruit de clochettes, ce qui avertissait le patron de la tenue d’une transaction.

La première amélioration d’importance apportée par les nouveaux acquéreurs fut d’ajouter un rouleau en papier sur lequel s’inscrivait le détail des transactions. Cela permettait de mieux lutter contre les mauvais agissements des employés… et des clients qui réclamaient parfois des sommes indûes.

Vers 1902, on ajouta un second compteur, capable de totaliser toutes les transactions jusqu’à remise à zéro. Puis en 1906, on ajouta un moteur électrique : la caisse mécanique avait trouvé sa forme quasi définitive. (Source :  The Core Memory PDF ). À la fin du XXe siècle on trouvait encore dans les commerces français de très nombreuses machines entièrement mécaniques.

L’apparition des premières caisses électroniques à la fin des années 1960 au Japon et en Europe constitua une première révolution technologique : un petit calculateur et un écran à cristaux liquide remplacèrent les engrenages des vieux modèles, mais le principe de fonctionnement était le même. Casio est sans doute le fabricant le plus populaire de caisses électroniques.

Innovation de taille en 1974, avec l’invention du lecteur de code-barres, utilisé pour la première fois dans un supermarché de l’Ohio, la patrie de la caisse enregistreuse.

Les caisses haut de gamme ont désormais presque tous les attributs des caisses modernes, mais elles ne sont pas encore reliées entre elles et l’on est contraint d’effectuer des relevés pour chaque caisse.

La caisse moderne : un micro ordinateur en réseau

Tout commença en 1973 avec l’IBM 3650, un ordinateur capable d’enregistrer les transactions de 128 caisses enregistreuses reliées par un réseau filaire.

En 1974 la première caisse à microprocesseur embarqué (Intel 8008) fit son apparition chez Mac Donald. L’employé n’avait qu’à indiquer la quantité pour chaque produit préenregistré et la machine calculait le montant dû par le client et les taxes,  et envoyait le tout à un ordinateur relié à huit caisses maximum.

En 1986, apparut la première caisse à écran tactile, la View Touch. Tournant sur un système Atari 520ST, elle est l’ancêtre des points de vente moderne mais elle utilisait un système d’exploitation dédié.

De nos jour les fabricants proposent tous des caisses en réseau avec écran tactile, mais les caisses autonomes comme les Casio Standard sont toujours très populaire en France en 2017 et sont encore utilisées dans de nombreux commerces de détail.

Caisse Casio

Casio Gamme Standard

Les caisses sous Windows

Il fallut attendre 1992 pour voir l’arrivée d’un logiciel de caisse tournant sous Windows. Cette solution, rendue possible par la baisse du coût des microprocesseurs, allait permettre l’essor de l’industrie des logiciels de caisse.

Les premiers modèle utilisaient des logiciels et un matériel propres à chaque marque, mais c’est grâce à l’utilisation des écrans tactiles que les logiciels de caisse sous Windows ont atteint le maximum de souplesse et d’efficacité. En effet, avec un écran tactile indépendant, on peut choisir l’interface  la plus adaptée à son commerce (ex : restaurants, bars, fleuriste, pressing etc.).

La caisse du XXIe siècle : dans le « nuage »

Les caisses de la fin du XXe siècle étaient de plus en plus puissantes. Avec le développement des réseaux et d’internet, les données et les calculs peuvent désormais être stockées et s’effectuer sur un ordinateur distant, en bon français : dans le Cloud.

Le logiciel de caisse peut fonctionner entièrement à distance via une interface web, ou pour plus de robustesse sur un programme installé localement, qui fonctionne en partie hors-ligne et envoie des données vers les ordinateurs distants, lesquels se chargent du back-office (statistiques sur les ventes, comptabilité, gestion des stocks etc.). En savoir plus sur les caisses enregistreuses en ligne.

Il est de plus en plus fréquent de faire tourner la partie front-office du logiciel de caisse sur des appareils mobiles, comme des téléphones ou des tablettes.

De nos jours, on peut bâtir un système de caisse modulaire en ajoutant progressivement des briques (tiroir caisse, lecteur de code barre etc.) autour de l’appareil mobile. Les systèmes de caisse pour iPad sont particulièrement populaires en France.

Les systèmes de caisse les plus récents incorporent tout ce dont on peut rêver pour faire prospérer son commerce : catalogue de produits avec photos, gestion des stocks, gestion de la clientèle, programme de fidélisation, acceptations de nombreux moyens de paiement, et interface avec d’autres prestataires de service (lire par exemple notre article sur Tiller).

NB : pour lutter contre la fraude à la TVA, la loi de finance de 2016 impose l’utilisation d’un logiciel certifié dès janvier 2018. L’utilisation d’un logiciel en ligne est un moyen sûr de bénéficier de mises à jour rapides. En savoir plus ici.