L’achat d’un TPE (terminal de paiement électronique) est un point délicat pour beaucoup d’entrepreneurs et de commerçants.

En effet, de nombreuses questions viennent immédiatement à l’esprit :

Quel modèle choisir ? Combien ça coûte ? Où l’acheter ? Est-ce vraiment mieux que la location ?

Il y a d’autres points auxquels on ne pense pas toujours, comme les frais de transaction et de maintenance, mais on peut tout simplement ne pas être au courant de certaines possibilités :

Saviez-vous par exemple qu’il existe des TPE qui ne coûtent que quelques dizaines d’euros, et que vous n’êtes pas obligé de passer par votre banque pour pouvoir utiliser un terminal ?

Acheter un TPE est de plus en plus intéressant

Grâce au progrès technologique, le rapport qualité-prix des terminaux de paiement a énormément augmenté ces dernières années. Ils sont à la fois plus abordables et plus perfectionnés.

On a vu apparaître notamment de nouveaux types de TPE très bon marché qui banalisent l’acte d’achat.  On voit aussi de plus en plus d’appareils polyvalents, capables de faire fonctionner des applications de caisse, ce qui dispense d’acheter un équipement supplémentaire.

Par rapport à la location, l’achat de son TPE  présente deux avantages : l’absence d’engagement obligatoire et la possibilité de réaliser d’importantes économies en faisant durer son matériel. La baisse observée du prix des appareils diminue l’investissement initial et fait pencher un peu plus la balance vers l’achat.

Enfin, de nombreuses fintechs ont créé de nouvelles offres particulièrement attractives : inscription en ligne, gestion des encaissements incluse, tarifs transparents.

Où acheter son TPE ?

On n’achète pas juste un terminal, un appareil. On a besoin de souscrire également à un ensemble de services. En effet, pour fonctionner, un terminal de paiement nécessite un certain environnement matériel et logiciel, et en premier lieu, une autorisation pour se connecter aux banques du client et du commerçant. Il y a donc quelques étapes à respecter lorsque l’on veut acheter un terminal de paiement.

Comment ça se passe habituellement pour acheter un terminal ?

Il faut d’abord prendre rendez-vous avec son banquier et signer un contrat monétique afin d’obtenir la carte de domiciliation bancaire indispensable à l’utilisation du TPE.

Comme les banques préfèrent louer les terminaux, il faut se tourner ensuite vers un monéticien indépendant qui se chargera de la gestion du flux monétique, c’est-à-dire de l’acheminement des données de la transaction vers les banques du client et du commerçant.

Pour l’achat du matériel, on aura le choix entre le monéticien, qui pourra paramétrer le terminal, ou un simple revendeur comme Metro, mais dans ce cas il faudra tout paramétrer à la main, ce qui n’est pas conseillé aux débutants.

Peut-on faire plus simple ?

Oui. Il existe des solutions tout-en-un et complètement indépendantes des banques, proposées par des fintechs.On peut citer ici Smile and Pay, SumUp et Zettle, trois solutions populaires en France.

Vous vous adressez à un interlocuteur unique qui va s’occuper :

  • Du matériel
  • Du flux monétique
  • Du versement des sommes encaissées sur le compte bancaire de votre choix

Le choix de terminaux n’est pas tout à fait le même qu’en passant par un monéticien classique. On ne trouve pas de matériel Ingenico, mais plutôt de fabrication PAX, mais on peut trouver de quoi satisfaire de nombreux besoins.

Pas besoin de passer chez son banquier, tout se fait à distance. Pas besoin non plus de faire venir quelqu’un dans vos locaux pour paramétrer l’appareil.

Autre avantage : les taux de commissions sur les transactions sont connus d’avance. Pas de « commission commerçant » à la tête du client.

Dessin d'un commerçant présentant un terminal de paiement mobile au client qui insère sa carte

On peut acheter mais aussi louer son terminal :
Comment obtenir un terminal de paiement ?

Le prix d’achat du TPE dépendra de vos besoins

Les modèles les moins chers utilisent une application obligatoire installée sur un smartphone ou une tablette. On peut trouver de bons appareils entre 20 € et 70 € HT. Autre avantage : l’application de paiement peut parfois servir de logiciel de caisse.

Un peu plus cher : les modèles autonomes sans imprimante. On trouve des modèles Bluetooth/Wifi dits « portables », car on peut les déplacer dans un magasin ou un restaurant, et des modèles « mobiles » Wifi/3G utilisables n’importe où. Comptez 70-170 € HT.

Ensuite on trouve les modèles « fixes », toujours sans imprimante, plus volumineux, attachés à la caisse, souvent par un câble Ethernet : entre 200 et 200 € HT.

Les plus onéreux sont les terminaux avec imprimante intégrée, généralement mobiles ou portables. Selon le mode de connexion (Wifi/3G/4G) les prix varient de 250 € à 550 € HT. On peut se procurer toutefois des terminaux intelligents Android dès 350 € HT.

Exemples de prix d’achat de TPE
Types de TPE Modèles et prix
Mobile avec smartphone
  • SumUp Air : 29 € HT
  • Zettle Reader : 19 € HT
  • Up2Pay Mobile  du Crédit Agricole : 69 € HT
Fixe
  • Ingenico Desk 5000 ou Verifone 200c (IP ou 3G) : 200-250 € HT
  • + 150 € HT pour le pinpad
Portable ou mobiles sans imprimante
  • Pocket Smile de Smile and Pay (Wifi) : 69 € HT, (3G) : 179 € HT
  • SumUp Solo (3G/Wifi) : 99 € HT
  • Pocket Smile
Portable ou mobiles avec imprimante
  • Ingenico Move 5000 ou Verifone V240m  (Bluetooth/Wifi + imprimante) : 350-400 € HT (3G/Wifi) :  400-500 € HT.
  • PAX A920 (4G/Wifi) : environ 500 € HT
  • Maxi Smile (3G/Wifi) de Smile and Pay : 229 €.
  • Super Smile (4G/Wifi) : 329 € HT
  • SumUp Duo (3G/Wifi) : 149 € HT
Exemples de prix d’achat de TPE
Types de TPE Modèles et prix
Mobile avec smartphone
  • SumUp Air : 29 € HT
  • Zettle Reader : 19 € HT
  • Up2Pay Mobile  du Crédit Agricole : 69 € HT
Fixe
  • Ingenico Desk 5000 ou Verifone 200c (IP ou 3G) : 200-250 € HT
  • + 150 € HT pour le pinpad
Portable ou mobiles sans imprimante
  • Pocket Smile de Smile and Pay (Wifi) : 69 € HT, (3G) : 179 € HT
  • SumUp Solo (3G/Wifi) : 99 € HT
  • Pocket Smile
Portable ou mobiles avec imprimante
  • Ingenico Move 5000 ou Verifone V240m  (Bluetooth/Wifi + imprimante) : 350-400 € HT (3G/Wifi) :  400-500 € HT.
  • PAX A920 (4G/Wifi) : environ 500 € HT
  • Maxi Smile (3G/Wifi) de Smile and Pay : 229 €.
  • Super Smile (4G/Wifi) : 329 € HT
  • SumUp Duo (3G/Wifi) : 149 € HT

Les TPE d’un bon rapport qualité prix, et dont la qualité de l’offre commerciale nous a convaincus, figurent dans notre sélection des meilleurs terminaux de paiement.

Les câbles USB et Ethernet, ainsi que les premiers rouleaux de papier thermique sont généralement inclus, mais vérifiez avant de passer la commande.

Les petits modèles pour smartphone ne sont pas pourvus d’une base de rechargement dans l’offre de base. Il faudra dépenser quelques dizaines d’euros de plus pour équiper le SumUp Air et le Zettle Reader. Sinon, il suffit de les brancher à un câble USB pour les recharger.

Coûts additionnels

Ce sont tous les coûts qui s’ajoutent au prix d’achat :

  • frais de transaction (0,5-3%)
  • maintenance des appareils (0-5 €/mois)
  • achat éventuel d’une imprimante de reçus (4-5 € /mois sur 5 ans)

Encaisser des paiements n’est pas gratuit

Il y a tout d’abord les frais de transaction. C’est un pourcentage qui est prélevé sur chaque transaction par les réseaux de cartes bancaires et par le fournisseur de services monétiques. L’ensemble forme ce que l’on appelle la «commission commerçant».

Selon le chiffre d’affaires, et le type de carte encaissée, les banques prélèvent entre 0,5 et 3 % de la transaction. Le problème est que les tarifs sont opaques et qu’il faut négocier le montant de la commission avec son banquier, ce qui n’est pas aisé lorsque l’on démarre son business.

Les fintechs ont changé les règles du jeu en affichant des taux de commission transparents et intéressants, même pour les toutes petites entreprises : par exemple, 1,75 % de commission pour toutes les cartes.

Si l’on achète son terminal chez un monéticien ou un détaillant, il sera nécessaire de s’abonner à une passerelle monétique, pour acheminer les données des transactions sur Internet, soit en 3G, soit par l’ADSL. Cela coûte environ 6 € HT/mois. Si vous passez par une fintech comme Zettle, SumUp ou Smile and Pay, vous ne paierez pas d’abonnement supplémentaire.

L’imprimante de reçus : une dépense non négligeable

Avec les terminaux modernes, il est possible d’envoyer des reçus virtuels par carte bancaire ou SMS. Cela dit dans de nombreux cas, il est beaucoup plus pratique de les imprimer, car cela accélère fortement le passage en caisse.

Une imprimante de ticket de carte bancaire coûte entre 200 -300 €, c’est-à-dire autant que certains terminaux avec imprimante intégrée. Cela peut valoir le coup d’opter dès le départ pour ce type de modèle.

Image :  EC,Mobile Transaction

TPE avec imprimante SumUp

Ce modèle 3G de SumUp est vendu avec une imprimante intégrée dans le socle. L’ensemble ne coûte que 149 € HT.

Des maintenances parfois coûteuses

Il est important de maintenir son terminal à jour pour des raisons de sécurité et pour pouvoir continuer à accepter certains paiements : logiciel pour les cartes à puce, les cartes sans contact, les prises de caution, les titres restaurant, etc.

Les contrats de location des banques incluent la mise à jour des logiciels. Malheureusement, lorsque vous achetez votre TPE chez un revendeur ou un monéticien, vous devez faire les mises à jour vous-même, ce qui coûte environ 50 € par mise à jour. Il y a aussi la possibilité de souscrire un contrat de maintenance pour 3 à 5 € HT.

L’avantage des offres des fintechs est que les mises à jour sont gratuites et automatiques.

Peut-on faire des économies en achetant un « TPE intelligent » ?

En théorie, avec les terminaux intelligents Android, il est possible d’installer un système de caisse directement sur le TPE. L’avantage est double : l’économie de matériel réduit les dépenses et fait gagner de la place, ce qui compte beaucoup dans certains petits commerces.

Le problème est que la France a pris pas mal de retard dans ce domaine, par rapport à d’autres pays, en raison sans doute de la domination d’acteurs historiques comme Ingenico, qui ont mis du temps à basculer sur Android.

Donc pour l’instant on ne peut pas répondre totalement par l’affirmative à la question posée. La situation devrait toutefois évoluer rapidement avec l’arrivée récente de Square sur le marché français.

Pour information, il existe des solutions de caisses qui fonctionnent avec les terminaux reliés à des smartphones comme Up2Pay du Crédit Agricole, ou Zettle, mais dans ce cas l’application n’est pas installée sur le TPE.